Date de publication : 03.04.13 Imprimer
De Benoît XVI au Pape François : non, il n’y a pas « rupture »

De Benoît XVI au Pape François : non, il n’y a pas « rupture »

Il y a quinze jours, le cardinal Jorge Maria Borgoglio était élu pape à la suite de Benoit XVI. Une surprise pour tous les média, qui s’ils avaient d’ores et déjà choisi leur(s) favori(s) se sont tout de même rapidement penchés sur une biographie du nouveau souverain pontife, afin de le nommer dans la foulée « Pape de la rupture ». Seulement, à trop vouloir s’attacher à la forme, on en oublie l’essentiel : le fond. Et les premiers pas du pape François montrent clairement sa volonté de suivre le chemin tracé par Benoit XVI, et par d’autres papes avant eux : la route du Christ. Sur laquelle il n’est pas de rupture…

 

De ce que l’on sait du pape François, depuis sa « récente célébrité » sur la scène mondiale, trois choses sont marquantes : une personnalité humble mais forte et tournée vers les plus pauvres, une vie centrée sur le Christ en s’appuyant sur l’Eglise, afin de retrouver la vraie charité par laquelle le Christ règne, et un désir profond de dialogue avec les autres religions.

 

Deux personnalités, un même message
De sa personne, ces traits de caractère, confirmés par toutes les personnes qui le côtoient depuis 76 ans : le pape est humble, simple et profondément tourné vers les plus nécessiteux. Sa devise, « miserando atque eligendo », « choisi parce que pardonné », est comme un premier phare : Dieu est Amour, Dieu est miséricorde. « Le message de Jésus est celui-ci : la miséricorde. Pour moi, je le dis humblement, c’est le message le plus fort du Seigneur : la miséricorde ! » soulignait le souverain pontife dans sa première homélie de dimanche, le 17 mars dernier. Jean Paul II avait institué le dimanche de la Miséricorde, Benoit XVI donnait moins d’un an après son élection (décembre 2005) l’encyclique Deus Caritas Est… L’Amour, le cœur même du message de l’Eglise. Et le pape François comme ses prédécesseurs a tenu à le rappeler, afin de pouvoir s’appuyer sur cette charité et cette miséricorde divine pour aller plus loin, toujours au plus près du Christ, Chemin, Vérité et Vie.

 

Deux pasteurs, un seul Christ
Les premières paroles du nouvel évêque de Rome ont été pour rappeler au peuple chrétien de remettre le Christ au centre de chaque vie, afin de se recentrer sur l’essentiel. « Je voudrais que tous, […], nous ayons le courage, […] de marcher en présence du Seigneur, avec la Croix du Seigneur ; […] et de confesser l’unique gloire : le Christ crucifié. Et ainsi l’Église ira de l’avant. » (Jeudi 14 mars, homélie devant les cardinaux). N’est-il pas, en disant cela le lendemain à peine de son élection, dans la continuité directe de l’auteur de la trilogie consacrée à la vie de Jésus et qui, contemplant la Croix écrivait : « C’est seulement par la foi au Crucifié en Celui qui est privé de tout pouvoir terrestre et est ainsi élevé, qu’apparaît la nouvelle communauté, la nouvelle manière par laquelle Dieu domine le monde.»

 

Deux messagers, une seule vérité
Benoit XVI a œuvré tout au long de son pontificat pour l’unité des chrétiens avant tout, mais également, dans les pas de Jean Paul II, pour améliorer dans la vérité le dialogue avec les autres religions. « Soyez des chercheurs d’Absolu et des chercheurs de Dieu, même vous pour qui Dieu est le Dieu Inconnu. Et que Celui-ci, qui aime chacun et chacune d’entre vous, vous bénisse et vous garde. Il compte sur vous pour prendre soin des autres et de l’avenir, et vous pouvez compter sur Lui ! » s’exclamait-il sur le Parvis des Gentils le 25 mars 2011. Parce qu’il a su, tout au long de son ministère, entretenir de solides liens avec tous les acteurs religieux, de nombreux représentants des autres religions sont venus assister à la messe d’inauguration de son successeur. Et, là encore, le pape François reprend vaillamment le flambeau de l’Espérance, et a déjà déclaré vouloir intensifier le dialogue avec l’islam, la communauté juive et les non-croyants.

 

De l’homme de réflexion à l’homme de terrain
Le cardinal Bergoglio a vécu au plus près de la pauvreté, dans les favelas de Buenos Aires, et a très rapidement axé son pontificat vers cette « Eglise des pauvres ». C’est parce que Benoit XVI, « pape intellectuel et théologien » a su nourrir en profondeur la réflexion que son successeur peut désormais insister sur sa pratique : comme toute maladie, le relativisme des sociétés occidentales devait être nommé et étudié pour être combattu, et c’est certainement la foi des plus pauvres qui participera à le vaincre. Lors des derniers JMJ de Madrid en 2011, Benoit XVI a exhorté les jeunes : « Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle ! » Missionnaire joyeux de la Bonne Nouvelle, un nom tout trouvé pour notre pape François.

  • Super article, qui donne encore plus confiance en notre nouveau Pape François : Merci !