Date de publication : 25.02.13 Imprimer
La famille, mauvaise élève de la France ?

La famille, mauvaise élève de la France ?

Supprimons les allocations familiales… et puis quoi encore !

 

Déjà parce qu’il s’agit d’une énième mesure visant à ne faire des économies que de bout de chandelles : l’Etat amasserait alors 2 milliards d’euros alors que la dette dépasse les 190 milliards. Dérisoire comparé à l’effort budgétaire qui s’impose. Aussi parce que cette proposition peut  mettre indirectement un frein à la hausse du taux de fécondité en France (2,01 enfants par femme en 2011 d’après l’INSEE) qui a presque enfin atteint le seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme).

 

Or l’Etat est de plus en plus confronté à la prise en charge de la vieillesse et de la dépendance, chantier éminemment plus important que la suppression des cotisations familiales et sur lequel le gouvernement planchera d’ici la fin 2013, selon la ministre déléguée en charge des personnes âgées.

 

Supprimer les alloc’ reviendrait en quelque sorte à déshabiller Pierre pour rhabiller Paul. Nos gouvernants n’ont décidément cure des visions à long terme.

 

J’accorde toutefois crédit à une refonte des allocations familiales prenant davantage en compte la différence de salaires et de conditions de vie des familles françaises. Est-ce normal qu’une famille bourgeoise ayant choisie de s’installer à Neuilly partage le même régime que la famille de parents ouvriers contrainte de vivre en HLM ? Non assurément. Mais avouons, cet argument est assez caricatural, la plupart des familles appartenant à « la classe moyenne ».

 

Cela dit, rien ne sert de râler. Proposons alors…

 

Il serait temps que l’Etat prenne la pleine mesure de la situation économique, financière et sociale désastreuse de la France avant qu’il ne soit trop tard (je pense pour ma part qu’il serait déjà trop tard et que la machine ne pouvant plus s’arrêter, nous coulions irrémédiablement).

 

Que l’Etat mette alors en œuvre les mesures structurelles dont notre pays a besoin, à commencer par une refonte totale de la fiscalité, une nouvelle appréhension du marché du travail et une remise à plat du financement du régime de la sécurité sociale.

 

Il serait bon aussi de prendre une batterie de mesures, non distinctement mais globalement dans un souci de cohérence : abaissement radical du déficit abyssal des régimes de retraite (17,4 milliards d’euros en 2011, une prévision de 25 milliards en 2020 selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites), diminution de la dette liée au régime d’assurance chômage (14 milliards d’euros en 2012), suppression des niches fiscales n’apportant rien ou peu à l’économie française (une économie de 110 milliards d’euros d’après la Cour des comptes), redéfinition du temps de travail et mise en place d’une véritable réforme territoriale pour inciter les collectivités à moins dépenser.

 

Ainsi, tout porte à croire que notre gouvernement veut affaiblir voire anéantir la famille, en conduisant une nouvelle fois une loi symbolique sur la politique familiale de la France. Plutôt que de scier la branche sur laquelle il se trouve – la famille est la cellule de base de la société, est-il utile de le rappeler -, l’Etat devrait élaguer tout ce qui nuit à sa croissance pour laisser pousser les bourgeons d’une renaissance.

 

crédit photo: inclinations oxatis