Date de publication : 09.10.12 Imprimer
Vous-avez dit, « has-been » le mariage ?

Vous-avez dit, « has-been » le mariage ?

 

J’ai une devinette pour vous. 
– Quel est le comble du comble ?
…. qu’un muet dise à un sourd qu’un aveugle les espionne.

Quel rapport me direz-vous ?

 

Et bien je trouve que cette devinette décrit assez bien la rupture, qu’il y a entre le peuple et le gouvernement, sur la question du mariage homosexuel. C’est avant tout une rupture de dialogue. Et dans des cas similaires, on a beau vouloir prêter l’oreille à un sourd, ce n’est pas pour cela qu’il entendra mieux. Il ne faut donc plus prêter l’oreille. Beaucoup d’hommes et de femmes politiques de droite comme de gauche, au-delà de tout clivage et polémique partisane, veulent qu’un débat ait lieu sur le point 31 du programme Hollande. Mais peut-on, après avoir donné sa voix, la reprendre ? Donner c’est donner, reprendre c’est voler. Ces hommes et ces femmes feraient aujourd’hui donc partie du peuple des « sans voix », des muets, qui ne pourraient plus rien dire à un gouvernement qui fait la sourde oreille. Certes, ils n’ont plus leur voix, mais ils ont encore de la voix. Alors que leurs voix également participent à ce débat, et qu’Hollande ouvre grand ses oreilles. Hollande, Hollande, Hollande… mais honnêtement, est-ce que le point 31 aurait-il pu être sans l’aide de l’ancien ministre, Monsieur Chatel, et son « Gender » ?

 

Je n’ai pas l’intention, en revenant sur la question du mariage homosexuel, de porter un jugement sur l’homosexualité, mais bien de savoir ce que ce « mariage pour tous » changera pour tous les Français. C’est d’ailleurs assez risible de parler autant du mariage à une époque, où il faut bien le dire, le mariage ne convainc pas. C’est d’autant plus drôle que ce sont ces mêmes sceptiques qui veulent aujourd’hui marier les homosexuels,  cherchant ainsi, parait-il, à raviver les couleurs affadies de cette veille institution.

 

Pour une fois qu’il y a des candidats au mariage, il s’en trouve encore pour critiquer. Les politiques font tout pour sauver le mariage et après on dit qu’ils ne sont pas de bonne volonté. C’est un brin taquin, que certains enfants, racontent à leurs parents, cette espiègle boutade: « le mariage est comme une place assiégée ; ceux qui sont dehors veulent y entrer et ceux qui sont dedans veulent en sortir ». Loin alors de me douter qu’il revêtait, au-delà de la plaisanterie, une dimension quasiment prophétique, car voilà que Madame Taubira va présenter le 24 octobre prochain, en conseil des ministres, son projet de loi en faveur du mariage homosexuel.

 

Ne m’appelez plus jamais mariage.

Nous aurons beau, sur un grand air connu, prendre le risque de fredonner que le mariage n’est plus, je ne suis pas certain que ça puisse rendre la vue à notre gouvernement.

 

Napoléon disait que sa vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; car Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires, car ce qui substituera serait son Code Civil. Ce même code civil, qui devait vivre éternellement, stipule que le mariage « est l’union d’un homme et d’une femme ». La pierre angulaire de ce projet de loi repose donc sur une modification de la loi elle-même. Peut-être entendrons nous, au lendemain de la présentation du projet de loi par la garde des sceaux, le général Pierre de Cambronne se retourner dans sa tombe et dire « Merde ! » pour la seconde fois dans l’Histoire.

 

Ce projet de loi qui vise à redéfinir le mariage devra s’attaquer à l’article 144 du code civil. Il faut que cet article soit modifié afin de pouvoir ouvrir le mariage à d’autres types d’union que celle des seuls hétéros. Ainsi, après la modification de cet article, le mariage ne sera plus associé à l’union de l’homme et de la femme.

 

Derrière ce débat, la guerre des mots fait rage.

Le gouvernement ne parle pas de mariage homosexuel ou gay, mais parle d’un droit au « mariage pour tous ». Le mariage dit « pour tous », induit avant tout une lecture sémantique qui retire nécessairement au mariage son sens initial voulu entre un homme et une femme. Ne pas parler de mariage homosexuel ou gay, c’est sous-entendre que le mariage ne sera pas à terme, seulement ouvert aux dits«  homosexuels ». Dire « le mariage pour tous », c’est suggéré que le mariage puisse évoluer au-delà des seuls couples homosexuels. Les homosexuels sont pour notre gouvernement un va-tout, l’alibi idéal, afin que cette loi soit perçue comme le fer de lance de la lutte contre la discrimination et pour l’égalité.

Les politiques font, à partir de cas particulier, une règle commune et donc devant s’appliquer à tous. Car ce nouveau mariage est pour tous, et non uniquement pour les homosexuels. Bref, ils veulent faire croire à un projet de loi visant l’égalité, en instrumentalisant la situation des couples homosexuels qui, dans la majorité des cas, ne veulent pas se marier.

 

Avoir un enfant ce n’est pas un droit.

La loi autorisant le mariage pour tous n’est pas seulement qu’une question de mot, mais aussi de droit des enfants. Le droit de l’enfant est au cœur du débat, et pour cause, un enfant naît encore et toujours de l’homme et de la femme. Car quoi qu’il en soit l’espèce animale aura toujours naturellement un père et une mère. De toutes ces espèces, il en est une qui, par l’artifice d’une loi, décide que sa propre espèce n’aura plus nécessairement un père et une mère. Qu’en est-il de l’enfant qui, devenu adulte, puis âgé, n’aura pas eu le droit de connaître son identité ? Quelle personnalité politique osera alors, droit dans les yeux, dire à cette personne qu’elle assume avoir laissé le mariage être redéfini? Ces hommes et femmes sans identité seront donc seuls à affronter la traumatisante expérience d’avoir été abandonné à la fois par leur père, leur mère, et par l’Etat.

 

C’est une loi qui risque d’être, en réalité, si les Français ne peuvent toujours pas s’exprimer publiquement sur le sujet, plus creuse que profonde. Alors que le « mariage pour tous » n’intéresse qu’une minorité de Français, il y a déjà un « mariage » de programmé à Montpellier. Et pour le moment il n’y a eu ni débat, ni discussion possible. La France est une démocratie, ça va sans dire. Mais remarquez que parfois cela va mieux en le disant. Cependant un dicton dit « l’amour est aveugle, mais le mariage lui rend la vue », il faut espérer que cela marche vraiment. En attendant soyons tous pour le mariage.

 

Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, mais tachons tout de même de garder un œil attentif.

 

  • Marylin

    Vous êtes tous tarés.

    • Bingo

      Est-ce fou de partager ses points de vue ? Je trouve ça
      plutôt intéressant, surtout lorsque ça touche tout le monde. C’est bien le
      mariage pour tous. 

    • Lilian

      Bonjour Marilyn,
      Pouvez-vous svp étayer votre propos ? J’aimerai bien en savoir plus sur les raisons de votre réaction.
      Merci