Date de publication : 30.10.12 Imprimer
« Affaire Lance Armstrong » :  le cyclisme est tombé sur la tête !

« Affaire Lance Armstrong » : le cyclisme est tombé sur la tête !

 

Le 24 juin 1939, Daladier, alors Président du Conseil, promulgue un décret contraignant les tortionnaires à guillotiner en privé. C’est la fin des exécutions publiques en France. Mon œil…

 

Ces dernières semaines, la tête de Lance Armstrong est mise à prix. Et à quel prix ? Sa mort. En termes d’image, entendons-nous. Mais qui sait… celui que les média portaient encore aux nues il y a quelques années pourrait décider de lui-même d’embrasser la Veuve.

« Lance Armstrong n’a aucune place dans le cyclisme. Il doit être oublié à vie » (Pat Mc Quaid, Président de l’Union Cycliste Internationale, le lundi 22 octobre 2012).

Sus au dopage

Ces termes cruels et impitoyables n’ont que pour objectif d’étancher la soif de millions d’amoureux du cyclisme, de professionnels de la petite reine, de directeurs sportifs et de sponsors. Une soif de vengeance. Contre qui ? Le dopage, ennemi n°1 du cyclisme.

Cette foule ressemble à s’y méprendre au cortège de notables, de bourgeois, de paysans et de pauvres gens venus zieuter la décapitation des condamnés à mort, que dis-je, venus contempler la République ! À mort ! À mort !

Depuis des années, le cyclisme se cherchait un bouc émissaire. Il est désormais tout trouvé. Qui portera le pêché de tous les dopés ? Armstrong. « Il va falloir avoir beaucoup d’énergie et d’intelligence pour reconstruire ce sport qui est aujourd’hui totalement détruit par la faute d’un homme, un voyou, un cynique » (Eric Boyer, ancien manager de l’équipe Cofidis).

Dans certains pays, beaucoup se font couper la tête après avoir ouvert la bouche pour bien moins…

« Armstrong, c’est l’affaire du sport de haut niveau, l’affaire de l’indécence, l’affaire de l’argent » (Jean-Réné Bernaudeau, manager de l’équipe Cofidis). Dans cent ans, que restera-t-il de l’homme Lance Armstrong ? Une affaire.

30 ans de prison

Une affaire qui sent le sapin : suspension à vie, annulation de son palmarès depuis 1998, décision éventuelle de n’attribuer aucun vainqueur au Tour de France de 1999 à 2005, réclamation de ses primes de victoire du Tour (près de 3 millions d’euros selon l’Equipe), comparution devant le tribunal civil aux US (5,8 millions d’euros de dommages et intérêts), poursuites pénales passibles de 30 ans de prison et de 11,5 millions d’euros d’amende, manque à gagner de 115 millions d’euros suite à l’effacement de ses sponsors.

Avec une telle litanie de sentences, les instances mondiales du cyclisme ne savent plus à quel démon se vouer. Peut-être devraient-ils se doper à la miséricorde plutôt que de brandir haut et fort l’exemplarité d’une punition immodérée (l’avilissement d’Armstrong suffira-t-il à abolir le dopage ? J’en doute). Peut-être devraient-ils se remettre en cause plutôt que de mettre la barre toujours plus haute aux coureurs. Plutôt que de se faire les jouets d’une société ne cherchant que la performance.

Je n’ai qu’un dernier vœu à leur soumettre : qu’ils s’exécutent !