Date de publication : 19.06.12 Imprimer
PS: I (don’t) love you

PS: I (don’t) love you

Il y a des gens qui vous laissent tomber un pot de fleurs sur la tête d’un cinquième étage et qui vous disent:

Je vous offre des roses.

Victor Hugo

 

On dit souvent que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. Pourtant ces temps-ci au PS on privilégie surtout les vieilles casseroles, et quant aux soupes, à défaut d’être populaires, elles sont plutôt à la grimace. Oh, je ne parle pas tant des démêlés judiciaires passés de certains de nos ministres, souvent ridiculement surexploités par la droite, ou de la solide amitié (sic) qui lie les ténors socialistes entre eux (Fraternité ! Fraternité ! Fraternité !) [1], que du fameux tweet de Valérie Trierweiler qui en réveillant la Guerre des Deux Roses a révélé au grand jour les passions du couple présidentiel… Quelle histoire ! Quelle histoire ! [2] Vous me direz que pour un Président des bisous se posant en héritier de François Mitterrand, être pris entre deux femmes c’est somme toute faire preuve d’une assez belle continuité. Mais François 1er et toute la Cour socialiste de l’époque réussissaient au moins à sauver les apparences.

 

Car n’en déplaise à ce bon Giraudoux, une nouvelle guerre des Trois aura bien lieu : le triumvirat redevient pour quelques jours le régime si ce n‘est politique, du moins médiatique, de la France. En termes de changement, admettez qu’on a déjà vu mieux. Surtout que cette histoire a vraiment tout d’un (très) mauvais film de série B : l’homme de pouvoir (Guimauve le conquérant), la femme trompée (l’ex-Altesse), la cruelle maîtresse (The First Girlfriend), l’ami trahi (Falorni sacrifié sur l’autel « royal » de l’intérêt politique)… Rajoutez-y beaucoup de jalousie, des rancœurs, des coups bas…et de gros enjeux politiques, et vous comprendrez pourquoi Madame Richelieu s’emploie autant à faire tomber la Rochelle.

 

Quand je pense que Martine (la grande amie de « Ayrault le naze ») voulait que l’UMP se laisse prendre au jeu des tendres papouilles…C’est oublier qu’en politique, tous les baisers ont un prix : Judas l’avait bien compris, Royal et Tweetweiler aussi [3]. Bref. Si, comme le disait Sophocle, bêtise est sœur de méchanceté, alors espérons que cette vague rose ne vive que « l’espace d’un matin », car même un doux parfum ne pourra faire oublier que ces quelques fleurs sont recouvertes d’épines…

 


[1] C’est ce que chantait Ségolène Royal au Zénith du kitch en 2008.

[2] Ironie quand tu nous tiens.

[3] On se souvient de son « Embrasse-moi sur la bouche » de la Bastille, aussi cruel que puéril, réclamé à François Hollande quelques instants après qu’il ait fait la bise à son ex-compagne.

  • MD

    Charmant : « Questo è il bacio di Tosca ! »
    La Folle de Chaillot aurait-elle juste traversé la Seine ?

  • Lector

    Quelle histoire quelle histoire! Très bon!! Ce qu’avait dit Mitterrand le soir de son élection et qu’avait repris Trierweiler après l’élection de Hollande!