Date de publication : 24.05.12 Imprimer
L’épreuve du tapis rouge

L’épreuve du tapis rouge

Les objectifs sont focalisés sur le même sujet. Les journaux exposent  les moindres de ses pas, en guettent les faux. Facebook, Twitter, déversent en cascade la moindre anecdote.

Ses regards, ses gestes, ses paroles sont épiés à la loupe.

 

Commentée, «  likée », notée, ovationnée, notre personnalité est la proie des médias et des flashs.

Du tapis rouge du festival de Cannes à celui de l’Elysée, même phénomène : la presse people a le monopole. Monopole de la première place bien sûr,  gâchant la vue aux vrais supporters. Monopole de tout événement, puisqu’elle y est toujours conviée en masse. Enfin et surtout : monopole de la pensée puisque c’est à travers leurs mots que nous faisons les nôtres !

Baloté par des médias qui ne semblent pas savoir évoquer des sujets de fond, notre président est bel et bien traité comme un people.

 

Pour un homme qui s’est présenté sous le sceau de la sobriété et de la normalité, les rouages de notre société sur-médiatisée font de lui un sujet  d’une superficialité vertigineuse. A l’instar des stars, le voilà jugé et jaugé au look, à la démarche, à la gueule, au feeling. Bref, les français s’étant lassé des miss France, vont-ils lancer le redoutable « mister Président » ?

 

Ce qui est surprenant, c’est que ce n’est pas le président qui intéresse : c’est l’homme, François Hollande. Chaque titre, chaque article, chaque photo suggèrent un avis, une critique sur la personnalité bien plus que sur l’agir du président. A son sujet, nous ne pouvons  lire que des « baptême du feu », « épreuve du sommet », « réussite », « sans-faute »… Les français ont élu un président et les médias nous présente le portrait tantôt d’un guerrier, tantôt d’un écolier : « est arrivé en retard… », « a osé émettre un avis… » 

N’attendons-nous pas davantage de celui qui représentela Franceque de savoir s’il est arrivé à l’heure ou non à la réunion de l’OTAN lundi 28 mai, s’il était le seul en cravate lors de sa rencontre avec Barack Obama  ou s’il sera capable de calmer la jalousie de Valérie Trierweiler envers Ségolène Royal ?

 

S’il paraît naturel d’attendre des preuves et des résultats du nouveau président, n’y a-t-il pas là un véritable jeu des médias qui alimentent les passions bien plus que la raison ?

 

Dans son ultime discours, après l’élection de François Hollande, le président sortant Nicolas Sarkozy a appelé à être vigilant sur le respect de l’institution que représente la présidence. En passant sans cesse de l’ironie aux phrases creuses, les médias n’ont de cesse de nourrir un débat sans idées et sans fond dans l’esprit des français. Si les perspectives de François Hollande demeurent floues, il semble que la presse et la télévision devraient  avoir le devoir de préserver au moins son image et ainsi, de respecter le rôle du président.

Le souci de notre avenir et du bien-commun ne devraient-ils pas davantage préoccuper les médias ?