Date de publication : 10.05.12 Imprimer
Double armistice pour une France «apaisée»

Double armistice pour une France «apaisée»

 

La veille c’était encore la guerre.

Le 8 mai, La France commémore l’armistice ; qui marque la fin des hostilités entre des puissances rivales…

 

Les journalistes n’avaient d’ailleurs qu’un mot en tête : « apaisé »

 

« L’invitation faite par le président sortant à son successeur est un signe fort d’une alternance apaisée entre les deux rivaux d’hier. » (Le Point)

 

« Le symbole républicain d’une transition apaisée » (la Nouvelle République)

 

Mais de quoi parle-t-on ?

Vous l’avez compris, l’armistice que nous avons commémoré ce mardi 8 mai 2012 était moins celui de la seconde guerre mondiale que celui de la cessation des hostilités entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Convenu, sincère, de circonstance, maquillé…qu’importe: cet apaisement rassure tout le monde. Il est le signe de la bienséance républicaine et du retour à la paix. Il laisse presque penser qu’en France, il ne saurait y avoir de conflits d’idées plus importants que le devoir de mémoire…

Quand on pense que Nicolas Sarkozy avait souhaité supprimer les célébrations du 8 mai pour ne créer qu’une seule journée unique de commémoration le 11 novembre ! Bien mal lui en aurait pris, ne serai-ce que pour saisir l’occasion d’un départ en fanfare et d’une union symbolique –dite- républicaine qui frise l’invraisemblable !

 

Témoin de ce jour, le soldat inconnu avait devant lui deux hommes.

5 ans passés et 5 ans à venir.

Un bilan et des promesses.

Côte à côte ; droits dans leurs bottes, l’Ancien et le Nouveau.

 

Ils regardent l’arc de triomphe sous lequel flotte un immense drapeau tricolore…

 

Bleu…

L’Europe. Angela qui refusera toute nouvelle négociation de la part de la France.

Le Bleuet à la boutonnière des anciens combattants dont les poignées de mains seront ostensiblement plus chaleureuse pour l’Ancien.

Bleue aussi, la cravate de Jospin… tiens, mais que fait-il là, lui ? C’est la première fois qu’il assiste à une cérémonie officielle depuis 2002…

Bleu…Bleu Marine aussi : quand les coefficients de marée sont hauts ; on endigue…demandez à la Hollande !

 

Blanc…

Le corps sans vie des soldats victimes des guerres, pour lesquels il convient d’avoir une pensée ; aidé en cela par la sonnerie aux morts.

Blanc, les bulletins de vote de beaucoup de français…  « Qui n’ont pas voté pour moi mais pour lesquels je serai aussi le président ».

Blanc, le blanc-seing que refusera de donner la droite aux socialistes pour les prochaines années : « Nadine Morano, ministre de l’Apprentissage, a affirmé, lundi, vouloir engager la « bataille des législatives » afin de ne pas « donner un blanc-seing » à la gauche. » (Europe 1)

 

Rouge…

La Bastille ; de la révolution de 1789, de la Commune et tout récemment des drapeaux brandis dimanche dernier ; 6 mai 2012.

Rouge; ce Mélenchon qui n’obtiendra, ni ne voudra de poste au gouvernement.

Rouge les reflets du MoDem, dont le orange vire au sanguin…

Rouge enfin, le sang des innocents ; ceux pour qui l’avenir sera compromis par des lois eugéniques.

 

« A mon command’ment…reposez…armes ! »

On aurait dû entendre : « en joue ! » ; car sitôt la cérémonie finie ; le présent s’impose :

 

Un armistice n’est pas un traité de paix ; il ne met pas officiellement fin à la guerre.

Cet événement, dont les journalistes ont vanté la bienséance républicaine, est d’avantage un cessez-le-feu qu’un armistice : il est temporaire.

 

Et la prochaine bataille des législatives se profile…

 

Crédit photo : AFP