Date de publication : 19.12.11 Imprimer
Sécurité alimentaire : Les enjeux de l’agriculture mondiale

Sécurité alimentaire : Les enjeux de l’agriculture mondiale

Momentanément éclipsés de l’actualité pour cause de crise économique et politique européenne, les enjeux agricoles et alimentaires de la planète n’en demeurent pas moins présents. La terre compte depuis le 31 octobre 2011 plus de 7 milliards d’habitants, nous avoisinerons les 9 milliards en 2050. Selon la FAO, 925 millions de personnes souffraient de faim chronique en 2010.

Des enjeux productifs et économiques

Concernant la production, comme l’évoque Bruno Parmentier, économiste et ancien directeur de l’école supérieure d’Agriculture d’Angers, jusqu’à présent, l’homme a su répondre à ce défi en produisant plus, mais en consommant plus d’eau, plus d’énergie et plus d’intrants comme les engrais et pesticides. Ce défi se poursuit, le ministre de l’agriculture française, précisait à l’ouverture de la présidence de la France au G20, qu’une augmentation de 70% de la production agricole actuelle serait nécessaire pour subvenir à nos besoins à l’horizon 2050. Néanmoins les réalités écologiques sont telles que les agriculteurs devront désormais produire avec moins d’eau, moins d’énergie, et de manière durable.

D’un point de vue économique, la spéculation des marchés associée aux mauvaises récoltes contribue à la volatilité du prix des matières premières agricoles, engendrant des famines dans les régions du monde vulnérable.

Un timide soutien de la communauté internationale

Pour répondre à ces défis, la communauté internationale a réalisé un pas important le 21 juin dernier, en réunissant les ministres de l’agriculture des 20 premières puissances mondiales ainsi que les organisations internationales. Un certain nombre de mesures ambitieuses ont été prises mais le vrai succès sera désormais la coordination de la concertation et de l’action de ses protagonistes.

Les pistes d’améliorations de la productivité et les évolutions des exploitations agricoles

Les très controversés OGM (organisme génétiquement modifiés) sont incontestablement un atout majeur pour l’augmentation de la production agricole. Si la polémique sur la santé publique n’a pas lieu d’être, le génome des aliments étant intégralement détruit lors de la digestion, (Avis partagé par Axel Kahn, chercheur généticien.) les enjeux environnementaux sont beaucoup plus légitimes, car le manque de recul et les recherches qui concernent notamment la transmission des gènes résistants entre espèces sont toujours insuffisants… La course aux pesticides est également vue d’un mauvais œil.

Les structures de production en Europe étaient jusqu’à présent le résultat de la transmission de la terre de génération en génération. Ce lien risque de s’estomper au profit de la rationalisation et de la spécialisation des exploitations. Leur surface s’accroît de manière régulière, et l’intégration des activités de transformation et commercialisation est à prévoir.

D’après Edgard Pisani, ancien ministre de l’agriculture ayant notamment participé à la mise en place de la politique agricole européenne. Une multitude d’exploitations de polyculture-élevage d’une surface de 50ha pourrait atteindre une productivité identique aux maxi-exploitations, tout en étant moins polluantes, en consommant moins d’énergie, et en augmentant le nombre d’emplois. Cette voie étant à contre courant des tendances actuelles, elle ne serait envisageable que par une politique très interventionniste au niveau étatique européen et mondial.

Face à ces enjeux, nous pouvons nous poser la question de l’importance d’un paramètre comme le développement durable sur la table des négociations. Dans quelle mesure le respect de l’environnement en réponse au réchauffement climatique peut-il se confronter ou s’accorder avec les notions de productivité et de rationalisation des exploitations ?
Sources : Site du ministère de l’agriculture française, Site de la FAO