Date de publication : 03.06.11 Imprimer
Le Gender, au programme des lycées

Le Gender, au programme des lycées

Inscrite officiellement dans les nouveaux programmes de SVT de 1ère (S, L, ES), la doctrine du Gender fera désormais partie de l’enseignement obligatoire des lycées français à partir de la rentrée 2011.

Le Gender, c’est quoi ?
La théorie du « Gender », du genre, en français, est apparu dans les années 90 avec la philosophe américaine Judith Butler*. A la notion de « sexe » qui renvoie à une détermination objective et naturelle, elle préfère mettre en avant la notion de genre. Féminin ou masculin, ce genre serait une construction socioculturelle qu’il est possible de faire et de défaire. Il n’y a donc pas d’identité inscrite ou reçue dans notre corps qui nous déterminerait comme homme ou femme.

Quelles conséquences ?
Conséquence logique du raisonnement, l’orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’identité sexuelle. L’hétérosexualité ne serait donc pas inscrite dans la nature de l’homme et de la femme mais serait le résultat d’un formatage culturel qu’on nous aurait imposé depuis tout petit. Hétérosexualité, homosexualité ou transsexualité sont autant de possibilités d’orientations sexuelles qui relèvent de la liberté souveraine des individus.
L’hétérosexualité n’a en aucun cas le privilège de l’universalité : « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir100% homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).

Quels enjeux ?
L’éducation nationale l’impose comme une doctrine scientifique… Les nouveaux programmes font dépendre l’activité sexuelle de l’activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones. La sexualité humaine est donc la résultante d’un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant : désir – action– satisfaction.
L’évolution chez l’animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’homme. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ont plus aucun rapport avec la reproduction. Le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’être humain, elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’idéologie du gender est « validée » sur le plan scientifique. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’hétérosexualité n’est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.

Le gender, un chemin vers plus de liberté ?
En apparence oui, car je choisis d’être ce que je veux et l’orientation sexuelle que je veux. Reste à savoir, si être libre, c’est être dépendant de ses désirs, de ses inclinations aussi nombreuses, diverses et variées soient-elles ?L’émergence de cette théorie dans une société que l’on sait de type individualiste n’illustre t’elle pas cette envie de tout vouloir maitriser et de ne surtout pas dépendre de quelqu’un ou de quelque chose que je n’aurai pas moi-même choisi ?

Or, de toute évidence, nous sommes bien quelque chose…et ce quelque chose nous savons que nous n’en sommes pas à l’origine, il s’impose de lui-même. Les théoriciens du gender refusent ce quelque chose, ce donné naturel, sous entendu il existe bien mais de là à l’accepter et à le reconnaitre comme tel…

Anne-Aymone Belliard
* Gender Trouble : Feminism and the subversion of Identity (1990)