Date de publication : 14.03.11 Imprimer
Qu’attendre de la béatification de Jean-Paul II ?

Qu’attendre de la béatification de Jean-Paul II ?

Qu’attendre de la béatification de JP II ?

On l’avait annoncée pour le 16 octobre, 33ème anniversaire de son élection. Elle aura finalement lieu le 1er mai, en la fête de la miséricorde qu’il avait instituée, 13 jours avant le 30ème anniversaire de l’attentat de la place saint Pierre et de la fondation de l’Institut pour les études sur le mariage et la famille, devenu depuis Institut Jean-Paul II… Que pouvons-nous attendre de cette prochaine béatification de Jean-Paul II ?  Qu’elle soit la célébration du héros de la foi qui a vaincu le communisme et provoqué la chute du mur de Berlin ? Peut-être…  Je formule plutôt une autre hypothèse qui est en même temps un vœu et une conviction. Cette béatification pourrait être la cause du  déclenchement de l’explosion de cette « bombe à retardement théologique » que Jean-Paul II a préparée.  C’est ainsi que George Weigel, son biographe américain, qualifiait la Théologie du corps, ce corps de doctrine que Jean-Paul II avait élaboré avant son élection et  qu’il a patiemment autant que discrètement délivré au cours de 130 audiences du mercredi durant les cinq  premières années de son pontificat.

Pour l’instant cet enseignement semble encore dormir dans les actes du Saint-Siège et n’a donné lieu qu’à des études de spécialistes. Il s’agit pourtant du plus vaste enseignement jamais délivré par un pape dans toute l’histoire de l’Eglise : 800 pages de texte. Cette théologie du corps – « théologie du sexe », osait dire Jean-Paul II ! –  va jusqu’à faire du don des corps des époux une image vivante de la Trinité divine. Seul un petit nombre de privilégiés sait qu’elle existe et en connaît les lignes de force. La bombe est amorcée mais elle n’a pas encore explosé.

C’est cette explosion qu’il faut attendre de la béatification de Jean-Paul II.  Alors Jean-Paul II sera regardé comme le penseur qui a fait avancer de manière spectaculaire la pensée sur le corps. Pas seulement la pensée de l’Eglise, mais la pensée contemporaine elle-même.  Alors les chrétiens seront vus comme  «le peuple qui aime le corps » pour reprendre les mots de Celse, ce philosophe néoplatonicien du 2ème siècle qui, croyant critiquer par là le christianisme, en donnait en réalité la meilleure définition. Alors, c’en sera fini des critiques portées sur l’Eglise au nom  de son prétendu mépris du corps. Ne rêvons plus, espérons, une Eglise manifestant enfin et sans complexes la Bonne Nouvelle qu’elle a reçue sur le corps et le sens profond de la sexualité humaine. Attendons-nous à ce que l’Eglise, grâce à Jean-Paul II soit  enfin être proclamée, non seulement « experte en humanité » selon la belle expression  de Paul VI, mais désormais « experte en sexualité » ! Le monde en a un urgent besoin …