Date de publication : 09.11.10 Imprimer
Les Chrétiens d’Orient pérsecutés

Les Chrétiens d’Orient pérsecutés

Chrétiens d’Orient : « Nous perdons la patience, mais nous ne perdons pas la foi et l’espérance !

Sept jours à peine après la clôture du synode pour le Moyen-Orient, voilà  que survient le drame : alors que les fidèle sont réunis pour assister à la messe en l’église Notre Dame du Perpétuel Secours de Bagdad, ce dimanche 31 octobre, neuf hommes chargés d’explosifs font irruption dans le lieu de culte, abattent le célébrant et prennent en otage les chrétiens rassemblés. Les forces de sécurité irakiennes interviennent dans des circonstances qui restent encore à déterminer. Le bilan est lourd : 58 morts, dont deux jeunes prêtres de 28 et 32 ans, des femmes et des enfants. L’attentat est revendiqué par une branche d’Al Quaïda.

« Notre Calvaire est lourd et il nous paraît long […] Nous perdons la patience, mais nous ne perdons pas la foi et l’espérance » ont écrit cinq évêques d’Irak dans un message adressés à leurs homologues de France. « Restez avec nous  jusqu’à ce que soit passé le fléau » nous supplient-ils.

Le synode pourtant, avait fait naître chez nos frères d’Orient une espérance nouvelle. Le patriarche des grécomelkites catholiques, S. B. Gregorios III, l’a même qualifié de « Synode de la lumière ». Une lumière qui doit désormais illuminer l’Orient comme l’Occident.

Cette assemblée spéciale, qui a permis  pour la première fois à tous les évêques catholiques du Moyen-Orient de se retrouver autour du successeur de Pierre, a aussi été l’occasion pour le monde occidental de prendre pleinement conscience que les temps sont critiques pour les chrétiens qui vivent dans cette région -berceau du christianisme-, de partager leur détresse et leur espérance, de mesurer les enjeux de leur présence sur ces terres.

Pour les communautés chrétiennes du Moyen-Orient, il a été rappelé que la nécessité du dialogue interreligieux  et du vivre-ensemble au quotidien dans les convenances sociales est à distinguer de la demande qui doit être faite avec force de la reconnaissance de leurs droits civils et de la liberté de conscience pour tous. Les chrétiens d’Orient sont devenus une minorité et vivent dans la crainte. Pour autant, le synode a mis en évidence que les menaces qui pèsent sur eux ne viennent pas uniquement de cette situation de minorité : elles proviennent aussi de son éloignement de la vérité de l’Evangile, de la foi et de la mission. Ce sont les défis « ad intra » auxquels ils doivent faire face. Le témoignage de communion entre les différentes Eglise d’Orient est le gage d’une crédibilité. Voilà précisément ce que nous rappelait le thème du synode choisi par le pape : « communion et témoignage ».

Les interventions n’ont eu de cesse de rappeler que les chrétiens d’Orient doivent avoir conscience que leur présence n’est pas fortuite, qu’ils ont une mission de porteur de paix, qu’ils sont le message vivant de l’évangile. Les 44 propositions remises au Saint Père à l’issue de l’assemblée spéciale seront la base de la future exhortation apostolique qui engagera l’Eglise universelle.

« Nous n’oublions pas les épreuves que vous endurez et appuyons votre désir légitime de demeurer sur votre terre où les chrétiens sont présents depuis les premiers siècles », a répondu Mgr André Vingt-Trois aux évêques d’Irak. Il incombe à chacun de nous, par notre soutien spirituel et matériel, de faire nôtre cette affirmation du cardinal.