Date de publication : 09.06.10 Imprimer
Un autre regard sur… l’athéisme

Un autre regard sur… l’athéisme

« Quand un homme cesse de croire en Dieu, ce n’est pas pour croire en rien, mais pour croire à n’importe quoi » – Chesterton

 

Tous nous sommes confrontés à l’affirmation : « Il n’y a pas de Dieu ». Elle est formulée partout : à haute voix par certains ; à travers les actes posés par beaucoup ; implicitement, mais massivement, par notre époque. Si nous sommes chrétiens, cette affirmation nous blesse. Alors ne soyons pas blessés pour rien, essayons de comprendre le terme d’athéisme, et de discerner l’esprit qui le fait prononcer.

 

Ce n’est pas un mot en l’air, ce n’est jamais une boutade, ni une plaisanterie gratuite que l’on jette en passant. Lorsque quelqu’un affirme que Dieu n’existe pas, il entre dans un registre sérieux et grave. Cela ne se dit jamais à la légère. On pourrait dire à la limite que, de même que quelqu’un « confesse sa foi » devant les hommes, de même on « confesse » son athéisme, on le professe solennellement. Dire que Dieu n’existe pas, ça engage, et ça se prend au sérieux. Combien de nos contemporains, sous ce rapport, sont de vrais athées, de tout leur coeur, de toute leur intelligence, de toute leur force ? C’est celui qui le dit qui l’est ? Eh bien justement non : il ne suffit pas de le dire, pour l’être. Tu te dis athée, tu le confesses, d’accord – mais dans ton coeur l’es-tu vraiment, et poses-tu les actes qui en suivent logiquement ? « Si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Es-tu si sérieux que cela, et aperçois-tu le fruit de désespoir que tu portes ? Réjouissons-nous : infiniment peu nombreux sont les athées véritables et conséquents, qui montrent par leurs actes et leur vie entière que Dieu n’existerait pas. De façon plus large, l’homme n’égale pas si facilement l’ange de lumière dans son refus de servir : le non serviam de Lucifer n’est pas à la portée de n’importe qui.

 

En même temps, il est si facile aujourd’hui de poser des actes qui oublient Dieu ! Il est si facile de vivre « sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Ep 2, 12) : il suffit de se laisser porter par le courant, et on vit en athée comme un aveugle tombe dans un trou. Le chrétien le sait, qui lutte de ses pauvres forces et avec l’aide de Dieu pour aller à « contre-courant » ! Il est à la fois facile et difficile d’être athée : facile, parce que le monde et sa logique nous y poussent de toutes leurs forces, qui méconnaissent l’amour de Dieu et le refusent. Mais difficile, parce qu’on y engage sa liberté : et bien peu vont jusqu’au bout de la négation de Dieu. Notre contemporain lambda est plutôt idolâtre qu’athée ; sans s’en rendre compte lui-même, il se prosterne devant de faux dieux, bien plus dissimulés et « sécularisés » qu’avant. Argent-roi, réussite excessive, sport à outrance, etc.

 

Le remède à l’athéisme ? Pour moi, il y a deux points : d’abord, face à un « athée » auto-proclamé, il faut essayer de le sonder, de voir son « degré » d’athéisme. Un grand pas sera fait par lui, avec l’aide de Dieu, lorsqu’il apercevra qu’il est plutôt idolâtre qu’athée, et qu’il sacrifie sa liberté, ses choix, sa vie, bien souvent à de faux dieux. Ensuite, le remède à l’athéisme renvoie au mystère de l’Eglise. Composée de pécheurs, elle n’est pas exempte d’un rôle dans la « genèse de l’athéisme » : blessés par certains de ses membres, beaucoup en viennent à oublier Dieu. Nul ne peut l’ignorer, surtout en ce moment ! Mais elle est sainte. Elle seule, par la vertu du Seigneur ressuscité, peut vaincre l’athéisme et « révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera en pleine lumière ». (Vatican II, LG 8). C’est l’Eglise sainte qui est le remède à l’athéisme. Cela signifie concrètement que, pour nous, le remède à l’incroyance passe par une vie sainte dans l’Eglise, appelée à se purifier sans cesse. Et nous avec !

 

photo: maxaumaroc.blogspot